ok

 

les robots

les Trois Lois de la Robotique

C'est dans ce contexte d'un XXème siècle en plein changement qu'arrive un nouvel écrivain qui laissera sa marque par des récits courts, écrits avec précision et clarté, et des dénouement qui ont souvent des allures de mise en garde.

 

 

 Les robots d'Asimov

Dans sa jeunesse, Isaac lisait beaucoup de nouvelles, romans, livres de toutes sortes, dont des récits sur les robots. Et lorsqu'il décida d'écrire sa première nouvelle sur les robots, le 10 juin 1939 (cf. préface de Prélude à Trantor), il choisit d'ignorer les implications philosophiques des robots destructeurs, mais simplement de les considérer pour ce qu'ils sont : des outils. Et donc d'y intégrer ce qui est intégré à chaque outil que nous utilisons : une sécurité afin que l'outil ne nous blesse pas.

C'est ainsi que la nouvelle Robbie (Strange flayfellow) fut éditée en 1940 : un robot-nounou conçu pour s'occuper d'un enfant, et ne lui faire absolument aucun mal. La Première Loi était nommée.

L'année suivante, la nouvelle Raison (Reason) fut éditée : un robot utilise la logique pour expliquer sa vénération envers une machine ; deux hommes tentent de le faire obéir, en vain. La Deuxième Loi était nommée.

Il semble que ce soit à la lecture de cette nouvelle que John W. Campbell formalisa les Trois Lois que Isaac Asimov devait présenter explicitement dans le troisième récit Cycle fermé (Runaround). Asimov affirma que l'éditeur avait inventé les Lois, mais ce dernier rétorqua —à juste titre— qu'elles étaient implicitement contenues dans les récits (cf. préface de Prélude à l'éternité). S'agissant de robot, Asimov trouva tout naturel d'utiliser le néologisme « robotique » pour nommer la nouvelle science qui consistait à concevoir et étudier les robots.

Claires et concises, mentionnées par de nombreux écrivains et de multiples chercheurs à travers le monde, les Trois Lois de la Robotique étaient nées !

 

Les Trois Lois de la Robotique

Première Loi
Un robot ne peut blesser un être humain ni, par son inaction, permettre qu'un humain soit blessé.

Deuxième Loi
Un robot doit obéir aux ordres donnés par les êtres humains, sauf si de tels ordres sont en contradiction avec la Première Loi.

Troisième Loi
Un robot doit protéger sa propre existence aussi longtemps qu'une telle protection n'est pas en contradiction avec la Première et/ou la Deuxième Loi.

Manuel de la robotique
58è édition (2058 ap. JC)

 

 Les questions

Les conséquences de ces Lois n'étaient pas minces, et Isaac Asimov ainsi que de nombreux écrivains, se sont attelés à décortiquer les questions posées. En effet, il subsistait dans ces règles apparemment inflexibles juste assez d'ambiguïtés pour produire les nombreuses nouvelles et romans de l'écrivain.

Qu'est-ce qu'un humain ? Comment le robot le définit-il ?
Et que faites-vous des critères physiques, des extraterrestres... ?

Tous les humains sont-ils aptes à donner des ordres à un robot ?
Avez-vous pensé aux criminels, aux enfants...

Jusqu'où un robot peut-il considérer qu'un humain est en danger ?
On peut se tordre la cheville rien qu'en marchant, et la souffrance peut bien sûr être émotionnelle...

 

En effet, comment apprécier le niveau d'importance à donner aux Trois Lois dans un contexte donné ? C'est en 1948 que Jack Williamson présente le roman « Les Humanoïdes », dans lequel des robots appliquent le principe des Trois Lois à l'extrême. Ils protègent les hommes du moindre danger en leur interdisant peu à peu toute initiative pouvant se révéler dangereuse, au point de les cantonner à une vie végétative dénuée de tout intérêt.

Peu à peu, les récits développent ce concept d'un robot dirigé par des règles inflexibles : les robots sont construits autour d'un cerveau spongieux en alliage platine-iridium. Cet alliage permet de traiter les multiples flux positroniques, c'est-à-dire constitués de positrons —ou positons—, ces particules similaires aux électrons mais chargées positivement. C'est donc souvent sous le nom de robots positroniques que les créatures artificielles d'Isaac Asimov sont connues, depuis leurs débuts dans les années 40 jusqu'aux années 90.

 

 

 Le contexte

Les premières nouvelles font souvent la part belle aux robots. Ainsi, le personnage de la célèbre robopsychologue Susan Calvin dit-elle des robots que « leur souche est plus nette et meilleure que la nôtre ».

Il faut remettre ces mots dans le contexte de l'époque : certes, Asimov est très pessimiste quant à l'avenir de l'Homme et quant à sa droiture, mais le monde sort à peine des horreurs de la Seconde Guerre Mondiale et les prémices de la Guerre Froide apparaissent déjà. Comment ne pas avoir de doute sur la nature humaine ? Et considérer que des êtres tels que les robots, plus forts, plus rapides, guidés par des Lois indéfectibles dont le but est de préserver l'Homme, sont finalement des créatures plus respectables que nous ?

Après les années soixante, les récits sur les êtres artificiels se font plus rares, mais ceux produits montrent une certaine évolution du robot. Ce dernier acquiert de la réflexion, surpassant son état initial de calculateur ambulant. Ainsi en est-il pour l'artiste de Poésie légère, ou bien des personnages de Ségrégationniste... Et si l'écrivain voit parfois le futur sous un jour plus agréable pour l'Humanité, sous la conduite de R. Daneel Olivaw, il garde aussi son pessimisme d'antan, comme le montre la superbe nouvelle Vision d'un robot, écrite en 1990.

 

 

 La « Zéroième Loi »

Durant cette période, le lecteur voit ainsi défiler de nombreux robots, passant de la simple nounou muette, au robot explorateur spatial, télépathe, procureur, messie, enquêteur. Pour arriver à un robot perfectionné à l'apparence extérieure parfaitement humaine, un robot humaniforme, qui s'est lui-même assigné la lourde tâche de protéger, non pas seulement un ou deux humains, mais l'humanité dans son ensemble.

Ainsi près de cinquante ans après le premier robot d'Isaac Asimov, celui-ci laisse ses créatures proposer une « Zéroième Loi », les Trois Lois initiales étant modifiées pour donner priorité à celle-ci :

Zéroième Loi
Un robot ne peut blesser l'humanité ou, par son inaction, permettre que l'humanité soit blessée.

Loi citée par R. Giskard Reventlov et R. Daneel Olivaw dans « Les robots et l'Empire »
Isaac Asimov, J'ai lu, 1985

 

 

Les créatures de l'écrivain évoluent tout au long de sa carrière : le robot est devenu plus intelligent dans le sens où il n'applique pas les Lois brutalement. Il réfléchit aux implications de ses choix, aux possibilités qui débordent du cadre sacro-saint des Lois implantées dans sa carcasse métallique.

Et il déborde également dans notre monde réel. Récits et réel se croisent de plus en plus : il suffit de regarder autour de nous pour nous en persuader.

 

 

 

webmestre plan du site copyright Valid HTML 4.01 Transitional
menu bas